Chaque jour, beaucoup de personnes hautement sensibles découvrent leur tempérament.

Vous en faites peut-être partie ? 

Vous êtes sûrement soulagé(e) d’apprendre que vous n’êtes pas seul(e) à fonctionner de cette manière particulière.

Mais vous vous demandez peut-être comment expliquer simplement aux autres ce qu’est l’hypersensibilité ? Ou tout simplement, quelqu’un vous a déjà posé la question : « C’est quoi l’hypersensibilité ? ».

Comment faire comprendre en quoi ça consiste concrètement d’être hypersensible, quand on ne se connait pas encore complètement soi-même ?

Je suis passée par là. Et il m’arrive de devoir expliquer à de nouvelles personnes que je rencontre, les caractéristiques de mon tempérament hypersensible.

Je vais donc essayer de vous donner quelques pistes. Afin que vous puissiez répondre aux questions qu’on vous pose sur votre hypersensibilité.

Ou simplement, découvrir pour vous-même les grandes lignes du fonctionnement de votre tempérament hypersensible.

La façon dont vous présentez l’hypersensibilité compte

La première chose à intégrer vous-même et à faire comprendre, c’est que l’hypersensibilité découle d’un fonctionnement physiologique particulier. Cela engendre beaucoup de points positifs, mais comporte également quelques défis.

Vous devez donc l’expliquer aux autres comme quelque chose d’intéressant et d’utile que vous avez découvert sur vous-même, mais pas comme une tare !

Sachez que la façon dont vous parlez de vous-même à d’autres personnes a un impact direct sur ce qu’elles vont penser de vous. 

C’est donc important de se valoriser quand on parle de soi. 

Et si c’est inconfortable pour vous de vous mettre en valeur, essayez au moins de ne pas vous déprécier.

C’est un fonctionnement spécifique du système nerveux, pas une maladie !

Le psychanalyste Saverio Tomasella résume l’hypersensibilité par cette phrase :

« L’hypersensibilité désigne le plus souvent soit une intense réceptivité, soit une forte émotivité, soit une grande expressivité. »

Livre « Hypersensibles, trop sensibles pour être heureux ? Éditeur ‏ : ‎ Le Livre de Poche (20 janvier 2016)

Ces trois caractéristiques proviennent toutes de la sensibilité accrue de notre système nerveux que je vous ai expliquée juste avant.

On peut ressentir les trois à la fois ou l’une ou l’autre en fonction des personnes.

Pour expliquer votre hypersensibilité à quelqu’un d’autre, vous pouvez donc indiquer que c’est une sensibilité plus grande de notre système nerveux aux stimuli externes et internes. 

Les stimuli externes sont tout ce qui se produit dans l’environnement immédiat : le bruit, les odeurs, la lumière, le mouvement. 

Ces stimuli vont activer un ou plusieurs de vos récepteurs sensoriels : les yeux, les oreilles, la peau, le nez et la langue. Et à leur tour, ces récepteurs vont produire des sensations que vous allez ressentir de l’intérieur.

Les stimuli internes sont donc vos pensées, vos émotions et vos sensations.

Est-ce que l’hypersensibilité est répandue ?

Selon le docteur Hélène Aaron la psychologue Américaine qui a, la première, vulgarisé l’hypersensibilité, nous serions 15 à 20 % de la population et l’on retrouverait également ce trait d’hypersensibilité chez plusieurs espèces d’animaux.

Ce pourcentage est à prendre avec des pincettes à mon avis, car il provient des seules études du Dr Aron, faites sur un nombre réduit de personnes aux États-Unis.

Il a été repris par les médias, les psychologues français et toutes les personnes qui parlent de l’hypersensibilité sur le web, moi comprise, sans qu’aucun autre scientifique à ce jour n’ait vérifié cet indicateur.

Tous les hypersensibles se ressemblent-ils ?

Non, bien sûr que non ! Aucune personne en termes de personnalité ou de comportement n’est exactement semblable à une autre, même pas les vrais jumeaux. Ça, nous le savons de source sûre. Les hypersensibles n’échappent donc pas à cette règle.

Cependant, il semble que certaines grandes caractéristiques de personnalité se retrouvent chez certaines personnes hypersensibles.

Sans que l’on puisse déterminer s’il s’agit d’un effet Barnum ou d’une réalité avérée.

Pour les personnes qui ne connaîtraient pas l’effet Barnum, il s’agit d’un biais psychologique que tous les êtres humains ont. Il consiste pour toute personne à accepter une vague description de personnalité comme s’appliquant spécifiquement à elle-même.

C’est à cause de ce biais psychologique que tant de personnes croient aux horoscopes alors que les allégations des astrologues sont rejetées par la communauté scientifique… L’astrologie est, à ce jour, considérée comme une pseudo-science.

Pour en revenir à ce qu’indique Elaine Aron, il y aurait une grande proportion de personnes introverties chez les hypersensibles : environ 70 à 80%. Les autres seraient extraverties.

Je rappelle que le tempérament introverti ou extraverti, selon la théorie du psychiatre Carl Jung, est simplement une façon de gérer son énergie. Les introvertis se rechargent dans le calme et la solitude. Les extravertis au contact des gens.

L’hypersensibilité a-t-elle un âge ou un sexe ?

Non, absolument pas. Notre culture semble accorder aux femmes l’apanage de la douceur et de la sensibilité, mais ce n’est qu’un cliché parmi tant d’autres. Beaucoup d’hommes sont très sensibles. S’ils ne le manifestent pas, c’est parce que la sensibilité, en particulier dans l’univers masculin, est dévalorisée par les normes sociales axées sur la compétition, l’extraversion et la domination.

La sensibilité n’est pas davantage l’apanage de l’enfance, car bien des enfants se montrent très cruels entre eux. La sensibilité n’est pas non plus l’apanage de l’âge mûr. Ni d’une quelconque catégorie.

L’hypersensibilité est-elle innée ou acquise ?

Actuellement, il n’existe pas de consensus scientifique sur le caractère inné ou acquis de l’hypersensibilité. Pour ma part, je pense que les deux possibilités existent.

Certaines théories postulent que tous les enfants naîtraient hypersensibles et qu’ils perdraient ce caractère en grandissant, du fait de leur environnement familial et culturel.

J’ai consulté de nombreux contenus sur les effets des traumatismes dans l’enfance. Des études ont prouvé qu’ils peuvent induire une hypersensibilité du système nerveux.

En effet, un enfant qui est en permanence aux aguets du fait d’un environnement violent va développer une hypervigilance qu’il conservera à l’âge adulte.

Les anciens enfants maltraités sont donc potentiellement hypersensibles, car leur cerveau a appris à guetter tous les dangers de leur environnement.

Comment concrètement peut-on reconnaître une personne hypersensible ?

Comme on l’a vu, chaque personne est différente. De plus, la personnalité de quelqu’un va se modeler suivant son environnement. C’est-à-dire le comportement de son entourage, ses expériences de vie et les éventuelles blessures qu’il aura reçues sur son chemin.

On pourrait penser que tous les hypersensibles présentent une hyperémotivité, mais ce n’est pas le cas. Certains ont appris à étouffer ou dissimuler leurs émotions.

Ce n’est donc pas un critère sur lequel on peut se baser pour reconnaître une personne hypersensible.

Ce qui me semble le plus facile à reconnaître, c’est la réactivité des sens et leur rapide saturation. 

Beaucoup d’hypersensibles semblent avoir une aversion pour certains types de bruit, les lumières violentes ou les odeurs de produits chimiques. Beaucoup sursautent facilement ou réagissent plus fortement en cas de changement brutal dans leur environnement. Par exemple, un freinage un peu appuyé dans une voiture, une personne qui passe trop près et trop vite dans la rue, un bruit fort et soudain…

Les hypersensibles sont des êtres humains avec le même cerveau et les mêmes organes que tout un chacun. C’est simplement leur perception qui est différente. 

Donc les interprétations relayées par le milieu new age, sur les capacités de médium ou autres pouvoirs surnaturels, me laissent dubitative, voire méfiante. (Lire les critiques sur les dangers des croyances New Age par une ancienne « croyante »).

Alors oui, nous avons tendance à être anxieux. Ce qui fait que notre cerveau est constamment en alerte. Nous prêtons donc probablement plus attention aux micro-signaux non verbaux que nous pouvons détecter chez les autres.

De là, à prétendre que nous avons le pouvoir de lire dans les pensées ou de pouvoir contacter les défunts ; il y a un énorme pas à ne pas franchir à mon sens.

J’ai créé une infographie qui représente les grandes caractéristiques que j’ai relevées chez moi-même et les personnes de ma communauté. Vous pouvez la télécharger gratuitement sur mon blog. 

Attention, il s’agit d’une liste subjective et non de données scientifiques. L’effet Barnum nous guette tous 😉

Après l’avoir téléchargée, vous pourrez m’indiquer en commentaire si vous vous reconnaissez dans ces quelques traits de personnalité.

Je tiens à le répéter encore et encore : votre sensibilité, qu’elle soit définie par vous ou par les autres comme « hyper », « haute », « exacerbée » reste une qualité indispensable pour rendre le monde meilleur.

Elle peut vous définir partiellement, mais ne doit pas vous enfermer dans une case.

Vous pouvez être qui vous voulez en découvrant quels sont vos besoins spécifiques et en adaptant votre environnement à ces besoins. 

C’est l’action la plus efficace à entreprendre pour vivre dans le bien-être.